L’union de l’Europe et de la Méditerranée du Sud et de l’Est
Le monde multipolaire émerge. De grands ensembles régionaux se constituent à l’échelle des continents : l’ALENA associée au MERCOSUR en Amérique, l’ASEAN + 3 en Asie préfigurent ces « régions hémisphériques » qui feront le monde de demain. Ces ensembles productifs Nord-Sud vivent au même rythme horaire, favorisent la proximité, la complémentarité et les solidarités de fait dans des domaines clés : eau, énergie, agriculture, environnement, tourisme, migrations... Ils constituent un cadre adapté pour inventer et mettre en œuvre les régulations régionales indispensables. Dans ce monde en « quartiers d’orange », l’Europe à 27 a fait la moitié du chemin. Elle a construit un grand ensemble au Nord.Il lui reste à réussir la seconde partie de sa régionalisation en accélérant son intégration avec le Sud et l’Est de la Méditerranée .
A l’évidence, la Méditerranée peut ouvrir à l’Europe des espaces de croissance durable et solidaire, et réciproquement, l’ancrage des pays du sud à une Europe forte confirme une communauté de destins.
L’Europe a besoin du dynamisme démographique et du potentiel de croissance des marchés émergents de l...
L’union de l’Europe et de la Méditerranée du Sud et de l’Est
Le monde multipolaire émerge. De grands ensembles régionaux se constituent à l’échelle des continents : l’ALENA associée au MERCOSUR en Amérique, l’ASEAN + 3 en Asie préfigurent ces « régions hémisphériques » qui feront le monde de demain. Ces ensembles productifs Nord-Sud vivent au même rythme horaire, favorisent la proximité, la complémentarité et les solidarités de fait dans des domaines clés : eau, énergie, agriculture, environnement, tourisme, migrations... Ils constituent un cadre adapté pour inventer et mettre en œuvre les régulations régionales indispensables. Dans ce monde en « quartiers d’orange », l’Europe à 27 a fait la moitié du chemin. Elle a construit un grand ensemble au Nord.Il lui reste à réussir la seconde partie de sa régionalisation en accélérant son intégration avec le Sud et l’Est de la Méditerranée .
A l’évidence, la Méditerranée peut ouvrir à l’Europe des espaces de croissance durable et solidaire, et réciproquement, l’ancrage des pays du sud à une Europe forte confirme une communauté de destins.
L’Europe a besoin du dynamisme démographique et du potentiel de croissance des marchés émergents de la rive méridionale ; le Sud et l’Est de la Méditerranée ont besoin du savoir-faire d’une Europe solidaire pour affronter le choc de l’intégration économique mondiale, le défi des emplois à créer et des réformes politiques et sociétales que la modernité impose.
Les deux rives ne sont pas concurrentes, mais complémentaires et interdépendantes : les pays du Sud peuvent et doivent devenir les dragons de l’Europe.
Ni l’Europe, ni les pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée n’ont le choix, faute de quoi le retard de l’ensemble de la région s’accroîtra vis-à-vis de l’Amérique comme de l’Asie orientale. S’unir ou être marginalisés : seule l’union de 900 millions d’Euro-méditerranéens pourra peser dans le monde de demain.
En proposant le 13 juillet 2008 que soit constituée une « Union pour la Méditerranée » entre l’Europe et les pays de la rive Sud et Est de la Méditerranée, les chefs d’Etat et de gouvernement de la région ont fait preuve de clairvoyance. Ils ont créé le cadre politique d’une région Nord-Sud méditerranéenne, qui pourrait être demain le pivot stratégique entre l’Union européenne et l’Union africaine : cet axe Europe-Afrique peut constituer la grande oeuvre géopolitique du 21ème siècle.
Là se joue une partie de la paix du monde ; là se joue le dialogue des cultures ; là se joue l’avenir des pays de la rive sud et celui de l’Europe. Le cadre politique, celui de l’Union pour la Méditerranée, est posé. Dans la réalité, tout, ou presque, reste à faire.
L’économie est amenée à jouer un rôle déterminant, comme ce fut le cas dans l ’histoire de la construction européenne.
La coopération économique peut aider les peuples à se connaître et contribuer à surmonter les aléas politiques. L’Union pour la Méditerranée doit consacrer la volonté d’aller au-delà d’une simple zone de libre échange ; elle doit mettre sur pied de véritables politiques régionales pour l’eau, l’énergie, les mobilités, la production et les échanges gro-alimentaires...
Elle doit pour cela créer des outils communs : une convergence des normes techniques et commerciales, un espace financier intégré, une cour d’arbitrage régionale, des agences sectorielles méditerranéennes pour réguler les échanges et susciter des projets communs.
L’Union pour la Méditerranée existera lorsqu’il y aura des transferts de souveraineté et que l’intérêt général de la région transcendera les intérêts particuliers des nations qui la composent.
Il appartient aux entreprises des deux rives de la Méditerranée, aux réseaux professionnels transméditerranéens et aux collectivités territoriales, de jeter les bases de la construction régionale. C’est à eux qu’il appartient aussi d’établir des recommandations et des priorités économiques à l’adresse de leurs gouvernements. C’est à eux qu’il revient d’agir pour transformer ce cadre politique en un cadre de vie.
Telle est la conviction de l’Institut de prospective économique du Monde Méditerranéen (IPEMED) et sa raison d’être. C’est pourquoi il est aujourd’hui une interface privilégiée entre les entreprises des deux rives de la Méditerranée, les villes, Régions, Etats, organismes et institutions européennes et euro- méditerranéennes, experts du Nord et du Sud, pour permettre de fonder une nouvelle approche des relations Nord-Sud et de formuler des propositions utiles aux populations des pays méditerranéens.
Il y a urgence : il faut organiser la complémentarité de l’Europe et du Sud et de l’Est de la Méditerranée dans les années qui viennent si l’on veut que la région euro-méditerranéenne, et un jour euro-africaine, se fasse entendre et respecter dans le monde multipolaire du XXIème siècle.
L’avenir ne se prévoit pas, il se prépare et se construit, ensemble. 
Trois fonctions principales
Le brassage des élites méditerranéennes et en particulier des élites émergentes, afin de les mettre en réseau, de leur permettre de travailler en confiance à des projets communs et de bâtir des politiques communes ; la production d’idées nouvelles à partir de diagnostics partagés et de réponses communes aux défis de la région ; la promotion et la diffusion des idées et des projets auprès des décideurs économiques et politiques de la région, mais également auprès d’un large public.
Quatre types d’approches
Prospective, pour construire une vision commune de la région et de son devenir, ne pas accepter la fatalité des scénarios tendanciels, et faire naître des collaborations sur le long terme ; par les réseaux professionnels, pour renforcer les synergies entre les réseaux transméditerranéens existants et émergents ; sectorielle, pour traiter les thèmes indispensables à la création d’emplois, à la croissance durable et solidaire de la région (eau, énergie, transport, santé, agriculture, finance...) ; territoriale, pour une plus grande coopération décentralisée entre régions du pourtour méditerranéen, pour la promotion de l’aménagement du territoire et du développement rural.
Un Think Tank Euroméditerranéen
L’Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen (IPEMED) est un think tank euroméditerranéen.
Constitué en association loi 1901 depuis sa création en 2006, il préfigure à moyen terme la création d’une fondation.
Fervent défenseur de la construction de la région méditerranéenne dans son ensemble, IPEMED est convaincu du rôle déterminant de l’économie dans ce domaine. Sa mission,statutaire et reconnue d’intérêt général, consiste à rapprocher, par l’économie, les pays des deux rives de la Méditerranée et ainsi oeuvrer à la prise de conscience d’un avenir commun et d’une convergence d’intérêts entre les pays du Nord et du Sud de la Méditerranée. Financé par des entreprises méditerranéennes, membres fondatrices d’IPEMED, et des personnes physiques qui partagent ses valeurs, il est indépendant des pouvoirs politiques dont il ne reçoit aucun financement.
Il a pour principes l’indépendance politique et la parité Nord-Sud dans sa gouvernance, comme dans l’organisation de ses travaux. Il donne la priorité à l’économie et privilégie une approche opérationnelle des projets. Il travaille dans la durée.
Par son positionnement proche des mondes des entreprises, des experts et des politiques (Etats, collectivités territoriales, institutions multilatérales), IPEMED favorise l’échange et le décloisonnement et permet l’émergence de projets opérationnels.