L’après G8 : Mobilisation pour soutenir les réformes dans les pays du Printemps arabe
Lundi 10 Octobre 2011 - Agnès Levallois.
Alain Juppé et Mohamed Mouldi Kefi, chef de la diplomatie tunisienne.
Les ministres des Affaires étrangères tunisien, marocain, égyptien, jordanien, le Premier ministre libyen se sont réunis à New York le 20 septembre sous la présidence d’Alain Juppé, en présence de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et du secrétaire général des
Nations unies, Ban Ki-moon, afin de mettre en place le mécanisme de suivi du partenariat de Deauville.
Le chef de la diplomatie française a insisté sur «l’aspect opérationnel de ce partenariat et de ses plans d’action qui doivent se concrétiser sans délai». Les institutions financières internationales, l’Organisation des Nations unies, l’ocde, la
Ligue arabe, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Union pour la Méditerranée, sans oublier les acteurs régionaux l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et la Turquie étaient également présents.
DEUX PILIERS
Le partenariat de Deauville, lancé sous la présidence française du g8, a pour objectif d’aider les pays du Printemps arabe à soutenir les réformes.
Il repose sur deux piliers, un processus politique destiné à soutenir la transition démocratique et à favoriser les réformes en matière de gouvernance, notamment la lutte contre la corruption et le renforcement des institutions propres à assurer la transparence et un cadre économique propice à une croissance durable. L’intégration régionale représente
l’autre pilier car elle est indispensable au développement. Ce soutien a été renouvelé lors de la réunion des ministres des Finances des pays du partenariat, à Marseille le 13 septembre, en présence de la Banque européenne d’investissement (qui renforce son appui
dans la région à hauteur de 7,5milliards de dollars d’ici 2013, soit un doublement de l’aide). Les institutions financières y participant ont promis également de porter leur aide à 38 milliards de dollars pour la période 2011-2013. Ces annonces sont importantes,
mais largement insuffisantes.
Reste à savoir s’il s’agit de réorientations de sommes déjà affectées ou de nouveaux engagements ?
Parallèlement à ces engagements, la France s’est associée au Koweït pour co-présider le Forum pour l’avenir s’inscrivant dans le cadre de l’initiative g8-bmena (Grand Moyen-Orient et Afrique du Nord) qui vise à développer le dialogue entre les gouvernements et les sociétés civiles sur les questions des réformes politiques et économiques et de développement humain. Des ateliers ont été organisés à Koweït sur l’égalité entre les sexes, à Marseille sur les enjeux économiques et sociaux et à Marrakech sur le rôle des
jeunes et de la société civile. Les recommandations seront présentées lors de la réunion ministérielle qui se déroulera à Koweït en novembre. Seront-elles entendues et prises en compte ? Certaines ong présentes lors de ces ateliers ne cachent pas leur scepticisme…

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