1er Atelier Eau d’IPEMED du 7 juillet, organisé en vue du Forum Mondial de l’Eau 2012
Samedi 09 Juillet 2011
Autour d’un panel réunissant des représentants d’instituts spécialisés dans le domaine de l’eau (IME, Oieau, SEMIDE, Alliance Maghreb Machrek pour l’Eau…), des représentants d’agences de bassin, des opérateurs et des institutions intergouvernementales (Commission Européenne, Secrétariat de l’UpM), l’objet de la réunion était de faire réagir les participants à la proposition d’IPEMED de mettre en place de nouveaux outils de gestion et de gouvernance de l’eau dans la région méditerranéenne. L’initiative lancée par IPEMED se fonde par une approche nouvelle du bassin méditerranéen qui propose de l’appréhender comme un « bassin de bassins ». Cette approche doit permettre de dégager une plus grande synergie entre les acteurs méditerranéens de l’eau et de les inciter à s’inscrire dans des engagements communs. De façon pratique, le projet d’IPEMED se décline en deux propositions : d’une part, au niveau des instruments, par la création d’un centre de ressources sur l’eau en Méditerranée, mutualisant et élargissant les moyens et les compétences des centres techniques et des réseaux d’expertise existant. D’autre part, au niveau de la gouvernance, par la mise en place d’une Agence Méditerranéenne de l’Eau guidée par les principes de gestion intégrée des ressources et des usages de l’eau. S’agissant de la première proposition, l’idée de développer un outil capable de recueillir et de partager à l’échelle du bassin méditerranéen des informations sur l’eau a recueilli l’approbation de la plupart des participants. Ce mécanisme existe déjà en grande partie avec le SEMIDE (Système Euro-méditerranéen d’information de Savoir Faire dans le domaine de l’Eau) mais ne peut être considéré à l’heure actuelle comme un véritable centre de ressources. Une plus grande coordination du recueil de ces données et leur accessibilité au plus grand nombre figurent parmi les attentes principales du Centre. Plusieurs participants ont fait part de leur souhait que cette nouvelle structure ne se limite pas à la mobilisation de connaissances mais soit interdisciplinaire. La formation, la recherche-développement, la prospective, le transfert de savoir-faire, etc… sont autant de domaines dans lesquels le Centre pourrait valoriser et mutualiser les compétences des instituts existants, en s’appuyant notamment sur des têtes de réseaux.
L’idée de création d’une Agence Méditerranéenne de l’Eau doit être étudiée de manière plus approfondie. Elle pourrait s’appuyer sur le réseau des agences de bassins méditerranéen (le REMOB) et définir des guidelines communes en matière de gestion de l’eau, favoriser l’échange d’expériences entre chaque agence de bassin, financer des ouvrages et encourager la mise en place d’assemblées réunissant l’ensemble des parties prenantes à l’échelle d’un bassin versant (tel que les comités de bassin). C’est notamment dans le cadre de ces forums que la société civile pourrait s’exprimer. La place croissante à accorder à la société civile a notamment été soulignée par une grande partie de l’auditoire. Les missions à confier à cette agence régionale restent toutefois encore à préciser et l’ensemble des participants se sont accordé à dire qu’il ne doit pas s’agir d’une nouvelle structure dépourvue de responsabilités. Pour qu’elle puisse agir efficacement en faveur d’une gestion intégrée des ressources en eau au niveau régional, des choix devront être faits sur le champ de ses compétences (gouvernance, financement, gestion de crise, aménagement du territoire, tarification…). Des obstacles politiques pourraient par ailleurs se heurter à la création d’une nouvelle structure supranationale. La primauté au niveau régional de la gestion des ressources en eau par bassin versant, même si elle est reconnue dans plusieurs pays du sud de la Méditerranée, pourrait être perçue selon certains acteurs du sud comme une façon de leur imposer la Directive européenne Cadre sur l’Eau. D’autres périmètres de gestion de l’eau mériteraient également d’être pris en compte (à l’échelle d’une grande métropole, d’un aquifère, lac…).Toutes ces interrogations doivent cependant être mises en relation avec les avancées minimes réalisées au niveau régional par les états en matière de politique commune de l’eau. Si les négociations bloquent au niveau des gouvernements, les professionnels de l’eau qui agissent quotidiennement à l’échelle locale doivent être davantage mobilisés. La valorisation de leur expérience mutuelle semble une voie à privilégier pour faire avancer la stratégie méditerranéenne de l’eau et concrétiser des projets régionaux. Un second atelier devrait être organisé au mois de septembre à Porto.



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