Élisabeth GUIGOU, présidente de La Fondation Verticale AME : « C’est la coproduction, donc le partage des chaînes de valeur, que l’Europe doit proposer à l’Afrique ! »

Présidente de la Fondation euroméditerranéenne pour l’interculturalité Anna Lindh, l’ancienne ministre Élisabeth GUIGOU assume aussi depuis juillet la présidence de la Fondation La Verticale AME – pour Afrique-Méditerranée-Europe. L’objectif : contribuer à arrimer l’Europe et l’Afrique par l’économie, et notamment via la Méditerranée. Entretien exclusif.

 

Propos recueillis par Alfred Mignot, AfricaPresse.Paris (AP.P)
@alfredmignot | @PresseAfrica

 

Madame la Présidente, quel est le concept de votre nouvelle Fondation La Verticale AME ?

Élisabeth GUIGOU – La Fondation La Verticale AME est destinée à rapprocher les deux continents d’Europe et d’Afrique, principalement par l’économie. En cela, elle s’inscrit dans la ligne de trois événements fondateurs : le sommet Union européenne-Union africaine de novembre 2015, où les chefs d’État ont décidé de « promouvoir une intégration économique régionale » ; le premie discours aux ambassadeurs d’Emmanuel Macron, dès août 2017, puis son discours de Ouagadougou, en novembre, par lesquels le Président de la République affirme sa vision d’un partenariat renouvelé, fort et équilibré entre les deux continents.

Pour ma part, je suis convaincue depuis très longtemps qu’il faut amener l’Europe à s’intéresser davantage à l’Afrique. Aujourd’hui que les enjeux géopolitiques deviennent de plus en plus cruciaux à notre sud, il faut à l’Europe une politique africaine, et qui tourne évidemment le dos à toute forme de néocolonialisme. Car les pays africains sont conscients, à juste titre, de constituer le continent émergent du XXIe siècle, et ils ne veulent pas se faire dicter un agenda unilatéral par l’Union européenne.

C’est donc dans un esprit de partenariat équilibré avec les Africains que nous devons affronter ensemble les défis de ce siècle. D’abord l’emploi des jeunes, un problème prégnant dans l’Union européenne mais encore plus exacerbé en Afrique, notamment par la forte pression démographique, inédite dans l’histoire du monde, puisque la population du Continent va doubler en une génération, passant de 1,2 milliard à 2,5 milliards d’habitants d’ici à 2050.

Dans une étude publiée en novembre 2018, les experts du FMI estiment à 20 millions le nombre d’emplois à créer chaque année en Afrique, pendant vingt ans, pour « absorber les nouveaux arrivants sur les marchés du travail ». Comment faire ?

Élisabeth GUIGOU – Créer des emplois, cela suppose des investissements. L’Europe doit désormais proposer à l’Afrique plus que les classiques accords de libre-échange, dont on sait bien qu’ils ont fonctionné de façon déséquilibrée, trop à l’avantage de l’Europe.
C’est la coproduction, donc le partage des chaînes de valeur que l’Europe doit proposer à l’Afrique. Pour cela il est primordial de convaincre les investisseurs privés de s’engager plus nombreux sur le Continent. Et du côté des pays africains, cela exige de renforcer l’État de droit, soit concrètement de lutter contre la corruption et de pouvoir garantir les investissements. C’est par cet effort mutuel, de part et d’autre, que nous avancerons ensemble.

Vous évoquez « les défis de ce siècle à affronter ensemble ». Lesquels ?

 

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https://www.africapresse.paris/Elisabeth-GUIGOU-presidente-de-La-Fondation-Verticale-AME-C-est-la-coproduction

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