Cap au Sud, l’Afrique d’abord

Humeur n°235 -
Lundi 05 Octobre 2020 - Jean-Louis GUIGOU, Fondateur de l'IPEMED

 

Cap au Sud, l’Afrique d’abord

par Jean-Louis Guigou

 

 

La mondialisation a beaucoup apporté à l’Afrique.

L’Afrique a élargi ses relations économiques et politiques à la Chine, la Russie, l’Inde, la Turquie, les États-Unis…

Ce faisant, les relations avec les pays européens sont moins dynamiques, moins lisibles… empreintes de critiques résilientes sur le néo-colonialisme notamment – cela se dit. Les critiques sont souvent empreintes de nostalgie – cela se sait.

Menacée de « japonisation » (fermeture, vieillissement, stagnation économique), l’Europe n’a pas d’autre choix que de jouer la carte de l’Afrique et de redynamiser ses relations au profit des Européens et des Africains (exigence d’équilibre et de réciprocité).

Pour cela, l’Europe bénéficie d’avantages comparatifs extraordinaires par rapport à la Chine, l’Inde, les États-Unis :

  • la proximité géographique, culturelle, et administrative avec les pays africains ;
  • la complémentarité des matières première et des niveaux de développement ;
  • la solidarité de faire face aux défis communs (terrorisme, immigration, réchauffement climatique), qui impose de mutualiser nos efforts.

 

Ursula von der Leyen, la Présidente de la Commission européenne, dans son discours sur l’Etat de l’Union devant le Parlement européen, le 15 septembre 2020, a eu raison de déclarer : « Nous ne sommes pas seulement voisins, nous sommes des partenaires naturels (…) l’Afrique sera un partenaire essentiel pour bâtir le monde dans lequel nous voulons vivre. »

Une nouvelle histoire peut s’écrire et enthousiasmer notre jeunesse, les chefs d’entreprise, la société civile… en créant la grande région « Afrique-Méditerranée-Europe ». L’acronyme AME donne du sens à ce projet.

Compte tenu d’un passé douloureux – traite des noirs, colonisation, soutien aux dictatures, exploitation et exportation des matières premières –, cela impose, aux Européens et aux Africains de changer de comportement, de changer d’objectif, de changer de méthode…

Cap au Sud, l’Afrique d’abord : délocalisation et relocalisation doivent s’y concentrer. L’Europe n’a pas le choix.

 
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