Pourquoi le Moyen-Orient doit être inclus dans la grande région Africa-Med-Europa (AME) 

Humeur n°227 -
Vendredi 03 Janvier 2020 - Une tribune de Jean-Louis GUIGOU, Président de l'IPEMED

L’idée d’une grande région verticale Afrique-Méditerranée-Europe fait son chemin, signant le retour de la géographie et la prévalence de la proximité.

La complémentarité dans les chaînes de valeur et la solidarité face aux défis communs – les migrations, le réchauffement climatique, le terrorisme… –  sont des tendances lourdes.

 

Se pose alors la question du découpage géographique de la Verticale AME. Deux perceptions se font face :

 

  • Les rigoristes « continentalistes » s’en tiennent aux relations entre les deux continents : l’Europe s’arrête au Bosphore et l’Afrique au canal de Suez. Ces rigoristes parlent de l’axe Europe-Afrique, excluent la toute rive Est de la Méditerranée, de la Turquie à la Jordanie, et les pays du Golfe.

 

  • Les « Braudeliens » – dont IPEMED –, dans la lignée de Fernand Braudel,  privilégient l’option « Méditerranée-Monde », c’est-à-dire la centralité de la Méditerranée au carrefour entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique.

 

Mais l’AME recouvre selon nous un espace plus large encore, plus souple, qui n’exclut pas la Russie, ni les pays du Golfe qui tous ont des intérêts en Afrique.

 

Notre obsession est d’affirmer une vision stratégique d’intégration Nord/Sud Verticale qui soit une alternative aux routes de la soie des Chinois. 

Cette vision induit la mise en œuvre d’une stratégie d’émancipation et de souveraineté économique.

Dans cette optique braudelienne large et fondamentalement économique, la région Afrique-Méditerranée-Europe (AME), inclut les pays du Golfe.

Une triangulation économique est dès lors réalisable face aux Chinois : l’Europe apporte ses technologies, le Moyen-Orient ses financements – par recyclage de la rente pétrolière – et l’Afrique l’abondance de ses matières premières.

 

 

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