Le Maroc : hub logistique entre l’Europe et l’Afrique ?

Dimanche 30 Juillet 2017 - Michel Gonnet, Yves Crozet, Béatrice Majza

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En évoquant une « nouvelle frontière » dans ses relations avec l’Afrique, l’ambition du Maroc est clairement affichée dans les discours officiels. C’est cette ambition que nous souhaitons interroger en évoquant la notion de hub, ou pour le dire en français, de plateforme d’interconnexion. Dans le transport aérien ou maritime, les spécialistes parlent de modèle « hub and spokes » (moyeu et rayons) pour désigner une logique de concentration et de massification des flux vers une plateforme de transit dont repartent d’autres flux massifiés. Il s’agit là d’une logique d’entreprise, d’une optimisation qui a permis aux compagnies aériennes et maritimes de réduire fortement leurs coûts.

Mais que signifie la notion de hub pour un pays ? A l’évidence, le Maroc n’a pas développé Tanger-Med ou ses réseaux terrestres d’infrastructures pour se contenter de voir passer les flux. Le développement des échanges doit servir de base à une mutation du système productif marocain.

Ainsi, dans la continuité des travaux menés dans le cadre de l’Observatoire de la coproduction, la présente étude cherche donc à détailler les relations dynamiques qu’entretiennent les systèmes de production et les organisations logistiques, c’est-à-dire l’ensemble des opérations concernant la gestion des flux des marchandises : leur acheminement et leur stockage depuis le lieu de production jusqu’au lieu de distribution, par voie aérienne, terrestre ou maritime.

Dans cette perspective, le positionnement géostratégique du Maroc paraît privilégié. Son statut avancé avec l’Europe, sa stratégie africaine font du pays « une courroie de transmission idéale pour avoir accès à un marché élargi » et un « point d’ancrage intéressant pour l’implantation physique de sièges à ambition régionale, voire continentale ». Ainsi, pour que le Maroc joue pleinement son rôle de hub régional, il doit accélérer la mise à niveau de son infrastructure et déployer un système logistique intégré et adapté à sa stratégie industrielle. Mais il doit aussi réaliser une diversification de sa production et de ses exportations. C’est ce qui explique que les investissements à l’étranger du Maroc se répartissent, à parts quasi égales, entre l’Europe et l’Afrique.

Fort de ces précédents constats, l’IPEMED a donc souhaité s’intéresser au secteur des transports et de la logistique, comme composante essentielle du positionnement du Maroc dans la structuration des échanges entre l’Europe, la Méditerranée et l’Afrique. Le présent rapport entend donc, d’une part s’intéresser à la montée en gamme du système productif marocain, entre l’Europe et l’Afrique, et d’autre part, souligner l’importance de la logistique et du transport dans la configuration de l’organisation et de la géographie des chaînes de valeur mondiales.


Table des matières :

INTRODUCTION

I. UNE POLITIQUE LOGISTIQUE AU SERVICE D’UNE POLITIQUE INDUSTRIELLE AMBITIEUSE AU MAROC
Le Maroc, une économie ouverte sur l’Europe et l’Afrique
Bilan des accords de libre-échange
Flux financiers et investissements directs étrangers (IDE) : le positionnement stratégique du Maroc

II. LOGISTIQUE ET TRANSPORT, LEVIERS D’INTÉGRATION RÉGIONALE ? LE POSITIONNEMENT DU MAROC
Quelle performance logistique du Maroc ?
La stratégie logistique du Maroc au service de la compétitivité
Douanes : un fardeau ?
L’amélioration de la qualité de l’infrastructure et les freins persistants

III. CONCLUSION ET PERSPECTIVES
ANNEXES
BIBLIOGRAPHIE

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